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04/04/2019

 

Le Chant du sagace Prince Oleg

 le mage inspiré

 

Alexandre Pouchkine a écrit « Le Chant du sagace Prince Oleg » en vers rimés. Bien sûr, j’ai traduit en vers libre.


Notes

Péroun - dieu païen des Slaves, la Foudre.

Le Prince Igor succéda à Oleg. Après la mort du Prince Igor, sa femme Olga gouvernait la principauté russe jusqu’à âge de la majorité de son fils Sviatoslav. Olga était sage depuis ses jeunes jours. Puisqu’elle était belle, le Prince Igor, à la vue de la jeune fille, voulut la posséder. Mais Olga lui fit honte en disant que c’était un mauvais exemple pour sa cohorte. Après que son mari fut tué, Olga se vengeait en punissant cruellement la tribu coupable. Mais puis elle commença à étudier les religions et finit par se rendre à Tsargrad (Constantinople, Byzance) pour être baptisée ;  beaucoup de son ambassade suivirent l’exemple.

Son fils Sviatoslav ne voulait pas être baptisé, prétendant qu’il était un guerrier et que ses hommes allassent se moquer de lui. Mais le petit-fils de la Princesse Olga, Vladimir, baptisa la Russie.

Maintenant les Khazars ont pris des prénoms et des noms russes et s’emparèrent du pays sans être reconnus, et amènent des hordes sans recourir à la puissance des armes. La tribu de Dan, dont le symbole est le serpent, infiltra la Russie et épancha le venin dans son corps. Et la Russie qui put résister à tant de guerres, succomba.

Mais une autre vue est frappante et la plus juste. La force de la Russie était dans son esprit orthodoxe, dans sa foi vivante, celle des saints pères. Et puis, dans la foulée de l’Europe, elle crut le père du mensonge, qui dans le même temps, ne cessait de tuer et tuer ses meilleurs fils et filles. Elle abandonna son Église spirituelle comme un lien avec Dieu et l’unité dans ce lien. Et le serpent s’installa dans l'ossature d’église terrestre. Et Oleg, comme s’il était revenu sur le lieu de l'infraction...

 

 Oleg

 

Les adieux

 

L'infraction

 

Voici le sagace Prince russe Oleg

Va punir les Khazars forcenés ;

Le feu et le glaive à leurs champs et villages,

Pour leur incursion féroce.

En armure de Tsargrad, à cheval,

Il mène sa cohorte à travers un champ.

 

Un vieil homme va vers lui

De la forêt sombre : un mage inspiré,

Fidèle seulement à Péroun,

Un messager de promesses du futur,

Qui passe sa vie à prier et augurer.

Oleg s'approcha du vieil sage.


« Dis-moi, le favori des dieux,

Que va-t-il arriver à moi ?

Serais-je bientôt couvert de terre tombale,

Pour réjouir les ennemis voisins ?

Dis ce qui est vrai, n'aie pas peur de moi :

Tu prendras n’importe quel cheval pour cela. »

 

« Les mages n’ont pas peur des grands seigneurs,

Et n’ont pas besoin de leurs dons.

Leur langue prophétique est libre et sincère,

Elle suit le vouloir des cieux.

Les années futures sont cachées dans les brumes,

Mais je vois ton destin sur ton front lucide.

 

Maintenant, souviens-toi ma parole :

La gloire va réjouir le guerrier ;

La victoire te rendra célèbre ;

Ton écusson est sur les portes de Tsargrad ;

La mer et la terre t’obéissent ;

L’ennemi est jaloux du sort si merveilleux.

 

Les vagues trompeuses de la mer bleue,

Les intempéries funestes,

La fronde, la flèche, la dague perfide

Épargnent au vainqueur la mort...

La puissante armure le protège des blessures,

Une  sentinelle invisible le garde.

 

Ton cheval affronte le labeur périlleux ;

Par la volonté de son maître,

Il se tient tranquille sous les flèches,

Au galop, se précipite  en bataille,

Le froid ni le combat ne lui font pas de mal...

Mais la mort viendra à toi de ton cheval. »

 

Oleg sourit - mais une pensée

Assombrit son front et regard.

Silencieux, renfrogné, il descend de son cheval

Et caresse son cou et crinière.

Pour faire ses adieux à son ami fidèle,

Il lui parle une dernière fois.

 

« Adieu, camarade, mon fidèle serviteur,

L'heure est venue de nous séparer.

Maintenant, repose-toi ! Nul pied

Ne sera plus mis à ton étrier doré.

Adieu, réconforte-toi, et souviens-toi de moi.

Vous, jeunes amis, prenez le cheval,

 

Couvrez-le avec une housse, un tapis peluché,

Emmenez-le dans mon pré par la bride,

Baignez-le, nourrissez-le du meilleur blé,

Abreuvez-le de l’eau de source ».

Aussitôt, les jeunes emmenèrent le cheval,

Et un autre cheval fut livré au Prince.

 

Le sagace Prince Oleg donne un festin

Aux compagnons d'armes ; les verres tintent et sonnent.

Leurs cheveux sont blancs comme la neige du matin

Qui couronne un tumulus glorieux...

Ils remémorent les jours passés,

Les combats où ils se battaient ensemble.

 

Oleg prononça : « Où est mon camarade ?

Dites-moi, où est mon destrier ?

Est-il bien portant ? Court-il aussi vite ?

Est-il aussi fringant et enjoué ?

Il entend la réponse : sur une colline escarpée,

Il sombra depuis longtemps dans un sommeil éternel.

 

Le puissant Oleg baissa la tête,

Il pense : « Qu'en est-il de la prédiction ?

Le devin, tu es un vieillard fou et menteur !

Dédaigner ta divination serait le mieux.

Mon cheval m’aurait porté encore aujourd'hui ».

Et il souhaite voir les ossements du cheval.

 

Voici le puissant Oleg sort,

Avec Igor et les vieux invités,

Ils voient : sur la colline, sur la rive de Dniepr,

Les nobles os reposent ;

La pluie les arrose, la poussière les recouvre,

Le vent penche vers eux les plumes d'herbe.

 

Le Prince posa doucement son pied

Sur le crâne du cheval : « Dors, ami solitaire !

Ton vieux propriétaire te survécut :

À mon enterrement qui n’est pas lointain,

La hache ne fera pas ton sang couler

Pour arroser mes restes !

 

C’est là où la mort m’en guettait !

Un os me menaçait de mort ! »

Un serpent sépulcral rampait,

Sifflant, de la tête osseuse ;

Le ruban noir enlaça la jambe,

Et soudain, le Prince poussa un cri.

 

Les coupes font un tour, couvertes de mousse,

À la veillée funèbre d’Oleg ;

Le Prince Igor et Olga sont assis sur la colline,

La cohorte se régale sur la berge.

Les combattants remémorent les jours passés,

Les combats où ils se battaient ensemble.

 

 

À cheval 

 
 
 
Traduit par Olga (TdR)
Illustrations de Vitold Bordzilovski, 1972