Ваш браузер устарел. Рекомендуем обновить его до последней версии.

12/03/2020

 

Titre enlevé, pour cette raison

 

La Rédemption selon saint Athanase

 

Cet extrait du livre de George Florovsky « Pères orientaux du IV siècle » présente le dogme de la Rédemption interprété par saint Athanase d’Alexandrie. Les paroles entre guillemets sont donc les citations de saint Athanase.

 

Conformément à sa doctrine générale de la dualité de tout être créé, Saint Athanase distingue dans la création de l'homme deux moments, logiques mais pas chronologiques : la création de la nature humaine du néant et l’empreinte portée – l'onction avec l'image de Dieu, comme la naissance ou l’adoption : par le Fils dans l'Esprit. Par grâce, Dieu devient le Père de ceux qu'Il a créés. Le Père adopte la créature qui est en communion avec le Fils. Tiré de l'inexistence, l'homme est oint de l'Esprit dans la création même : le « souffle de vie » que Dieu insuffla à Adam n'était pas l’âme, mais le Saint-Esprit le Donateur de vie ; l'homme originel, ayant l’Esprit en lui, était spirituel – il était « homme spirituel ».

 

Puisque Dieu fit l'homme à Son image, l'homme fut ainsi contemplateur et spectateur de l'existence, communié à la félicité de la vraie vie. Mais la grâce et le don de l'Esprit ont été donnés au premier homme en quelque sorte de l'extérieur ; par conséquent, il aurait pu les perdre, et il les perdit vraiment avec la chute. À la suite du péché, l'homme se détourna de la contemplation de Dieu, dévia de l'ascension intelligente vers Lui, renfermé en lui-même, en envisageant lui-même. Et alors les passions et les souhaits ont éclaté en lui, et sa vie s'est désagrégée. Les gens sont tombés dans leur propre convoitise ; l'âme s’est tournée de l'intelligent au corporel et oublia qu'elle a été créée à l'image de Dieu Qui est bon ; comme si elle était hors de soi, l'âme est attachée à l’inexistant, l'imagine et « invente » le mal. Car le mal est inexistant : n'ayant pas d’image en Dieu Qui Est, le mal est produit par des fictions humaines.1 L'amas des convoitises corporelles dans l’âme obscurcit le miroir dans lequel elle aurait pu, et aurait dû, voir l'image du Père. Elle ne voit plus et ne contemple pas Dieu la Parole, à l'image de Qui elle est créée, elle erre de pensée sur beaucoup de choses, elle ne voit que ce qui est sujet aux sentiments. C'est une sorte d'intoxication et d’étourdissement d'esprit... L’infraction du commandement priva l'homme originel de lumière mentale, le ramena à un « état naturel » et par là, l'asservit à la loi « naturelle » de la corruption. Empoisonnée par les désirs sensuels, la pensée est devenue vaine. Et l'humanité commença à plonger dans les ténèbres du paganisme.

 

Tombé dans le péché, l'homme est devenu pauvre, la nature et la grâce furent séparées. Et il fallut le raccordement, le renouvellement de ce qui a été créé à l'image, la restauration de la grâce perdue de l'image de Dieu. Le Verbe, en tant que Créateur, ou démiurge, « avait à assumer aussi le renouvellement des actes ». Et cela est arrivé : la Parole s’est faite chair... La Parole adopta la nature humaine, et dans cette adoption, la nature humaine s’illumine et s'affranchit des infirmités naturelles, « comme la paille recouverte de glace de pierre qui, dit-on, résiste au feu, reste indemne dans la coquille incombustible ». La nature humaine fut créée et appelée à être impérissable, malgré sa corruptibilité « naturelle ».

 

L’implication originelle dans les « teintes » du Verbe n'était pas suffisante pour préserver la créature de la corruption. Si la corruptibilité n’avait pas suivi l’infraction, alors le pardon et le repentir suffiraient, car « le repentir ne ne met pas fin à l'état naturel, mais seulement arrête les péchés ». Mais la mort s'est associée au corps et l’a vaincu. Bien sûr, Dieu tout-puissant pourrait expulser la mort du monde par un seul ordre. Mais cela n'aurait pas guéri l’homme déjà habitué à la désobéissance. Et l'équité de Dieu ne serait pas respectée.

 

Un tel pardon aurait reflété le pouvoir de l’ordre, mais l'homme ne serait devenu que ce qu'Adam était, et la grâce lui serait donnée une fois de plus de l'extérieur. La possibilité d'une nouvelle chute n'aurait alors pas été exclue. Avec l'Incarnation de la Parole, la grâce est communiquée à l'humanité de façon immuable, devient inaliénable et demeure constamment chez les gens. La Parole se vêt de corps pour le revêtir de vie, non seulement pour le protéger extérieurement de la corruptibilité, mais aussi pour l'introduire dans la vie. Maintenant « le corps est revêtu de la Parole de Dieu incorporelle et résiste à la mort et à la corruption, il a le vêtement de la vie et la corruption est détruite en lui ». La Parole habitait le monde dès le début, en l'arrangeant et vivifiant comme un grand corps. Et la Parole avait à paraître aussi dans le corps humain pour le raviver. La face de la Parole était déjà tracée sur l’homme, et quand elle est devenue contaminée et invisible, il convenait de la restaurer. Cela s'est produit avec l'Incarnation de la Parole.

 

La Parole est devenue l’homme, notre semblable en tout. Saint Athanase parle généralement de l'incarnation, mais il entend par « chair » l'homme complet, le corps animé avec toutes ses émotions et souffrances propres à lui. À force de l'union avec la Parole, le corps est libéré de sa corruptibilité et de sa faiblesse, « grâce à la Parole qui a été dans le corps ». La puissance vivifiante de la Parole libérait le corps du Sauveur des faiblesses naturelles : « le Christ avait faim par propriété du corps, mais ne s’affaiblissait pas de faim ». Le corps était accessible à la souffrance, mais la Parole y était impassible, et les infirmités étaient sujettes au corps par permission et volonté de la Parole, et non par nécessité et contre la volonté.

 

Le Seigneur permit d'agir à tout ce qui est propre au corps – d'avoir faim et de pleurer, et même d’admettre la mort. Le Seigneur admit la mort par Son humilité et Son amour, et non pas par nécessité. Séparer le corps était en Son pouvoir, et le corps a pu mourir. Mais le corps ne pouvait plus rester mort, « parce qu’il est devenu un temple de la vie ». Par conséquent, il prit immédiatement vie et ressuscita – « par la puissance de la Vie qui l’habite ». Le corps ne liait pas la Parole, mais se libérait en Lui de ses contraintes, et non seulement des contraintes, mais aussi du penchant pour le péché.

 

Par la puissance de la Parole immuable, l'humanité changeable a subsisté immuable en Christ dans le bien, et toutes les tromperies étaient impuissantes à l’égard d’elle. « L'humanité réussissait dans la Sagesse, s'élevant progressivement au-dessus de la nature humaine, se divinisant, devenant et étant un organe de la Sagesse divine et de sa lumière. Les actes propres au Verbe Lui-même ont été accomplis à travers le corps. » Et dans ce service aux actes du Divin, la chair était déifiée. La réussite humaine en Christ était infaillible...

 

La nature humaine en Christ était abondamment ointe par l'Esprit dès le baptême en Jourdain. Et nous commençâmes à accepter de Lui l'onction et le sceau et l'inspiration de l'Esprit, car en Lui la chair fut sanctifiée. L'illumination de la nature humaine en Christ est l'illumination de toute la nature humaine dans son Initiateur. Par l'incarnation, le Verbe redevient le début des voies – c'est pourquoi il est appelé le Premier-né... Le Seigneur « est devenu notre frère selon le corps » ; et sa chair « fut sauvée et libérée avant les autres ».

 

Comme Ses semblables selon le corps, nous sommes sauvés ou vivifiés, « parce que notre chair n'est plus terrestre, mais par le Verbe de Dieu, elle est identifiée au Verbe, Qui est devenu chair pour notre salut ». La rédemption et le salut ne s’accomplirent pas seulement dans l'Incarnation. Cela continuait tout au long de la vie terrestre du Seigneur. Le Seigneur manifesta Sa charité de deux manières : Il détruisit la mort, renouvela la nature et – « S'est révélé dans les actes », montra qu'Il est le Verbe du Père, le Chef et le Roi de l'univers. Par Son apparition, le Seigneur montra le Père invisible aux gens qui s’étaient éloignés de la contemplation mentale.

 

Par exécution de la loi, Il nous ôta la damnation et la sentence. Mais « la corruption ne pouvait être cessée chez les gens que par la mort », et donc, il faut voir dans la mort le « dernier but » de l'Incarnation salvatrice... « Il avait un corps pour accepter la mort, et il ne convenait pas d'interdire la mort, pour ne pas empêcher la Résurrection ». La mort sur la croix fut « l'offrande de semblable », l'accomplissement du devoir commun. Mais le corps du Seigneur ne pouvait pas être retenu par la mort, et il ressuscita : « Miraculeusement, deux choses se produisirent dans une seule : la mort de tous fut exécutée dans le corps du Seigneur, et la mort et la corruption furent détruites grâce au Verbe existant en lui. » Le Seigneur n'est pas mort à cause de la faiblesse de la nature, mais par volonté, au nom de la résurrection générale, « n’enleva pas ce corps par sa propre mort, mais accepta la mort de la part des gens afin de détruire complètement la mort qui toucha Son corps ».

 

Le corps du Seigneur ne connut pas la corruption et ressuscita incorruptible, car c'était un corps de la Vie même. La mort du Seigneur était une vraie mort, mais pas longue : « Il laissa son corps dans cet état pendant un court instant, le montra mort suite à l’impact de la mort, et le ressuscita immédiatement le troisième jour, élevant avec Lui le signe de la victoire sur la mort, c'est-à-dire le corps incorruptible et inaccessible à la souffrance. » Et en Christ, toute l'humanité ressuscita et s’éleva : « par la mort, l'immortalité s'est étendue à tous ». Le Seigneur se leva du sépulcre, « dans la chair divinisée, libre de la mortalité, glorifiée jusqu'à la fin, et cette grâce et cette élévation nous appartiennent » ; et nous sommes déjà introduits dans le domaine céleste, comme unis de corps avec le Christ... Chez saint Athanase, la doctrine de la rédemption est essentiellement la doctrine de la résurrection de l'homme par le Christ et en Christ.

 

Les Écritures nous proclament deux vérités sur le Sauveur : qu'Il a toujours été Dieu, le Fils et le Verbe, et qu'Il est devenu homme. D'où la dualité des énoncés dans les Écritures : des glorieux et des péjoratifs. Ces derniers se réfèrent à la nature humaine du Christ... Le Verbe non seulement souhaita être dans le corps ou « paraître » en lui, non seulement Il descendit dans l'homme, mais Il devint homme, S’est fait Fils de l'homme.

 

On trouve souvent chez Athanase des expressions incomplètes et inexactes : vêtu ou habité, temple, demeure, organe... Mais il distingue nettement l'apparition de la Parole en Christ de Son apparition et de Sa présence dans les saints. Le Christ est devenu homme. En Christ, le corps visible était le corps de Dieu, pas celui de l'homme. Il fit le corps « Son propre » ; et les faiblesses de la chair devinrent propres à la Parole. Les œuvres du Christ n'étaient pas séparées, de sorte que l'une ait été accomplie selon la Divinité, l'autre selon l'humanité, mais « tout a été accompli ensemble » et inséparablement...

 

Le crachement même du Christ était divin (et donc curatif, vivifiant), parce que tout charnel appréhenda la Parole incarnée.2 Ce n'était pas qu’un ait pleuré Lazare, et un autre l’ait ressuscité, mais toujours le Même. Et Dieu est né dans la chair de la Vierge, et Marie est la Mère de Dieu. Ce faisant, la Parole n'a pas changé et ne fut pas transformée, et la chair née de Marie n'est pas devenue la même substance avec la Parole... C'est pour cela que Marie est choisie, pour que le Seigneur reçoive d'elle un corps semblable au nôtre, et non pas la même substance avec la Divinité. « Le Verbe Lui-même adopta la chair de Marie, et l'homme est né, la Parole de Dieu selon la nature et l'essence, et l'homme fait de la postérité de David et de la chair de Marie. » Dans les expressions descriptives, saint Athanase révèle clairement l'unité du Christ comme Homme-Dieu, et la dualité, sans fusion, en Lui : la Divinité commune avec le Père et l'humanité semblable et apparentée à nous. C'est pour cela qu'Il fut, Lui seul, à la fois le Sauveur, le Verbe et le second Adam.

 

La Parole s’est humanisée pour que nous nous « déifiions », pour que nous soyons déifiés en Lui. La déification est l'adoption à Dieu, « afin que les fils des hommes deviennent fils de Dieu ». Et nous, « adoptés par la Parole, nous sommes déifiés grâce à Sa chair », c'est-à-dire du fait de Son incarnation. Car la Parole née de la Vierge ne s’unit pas à une seule personne, mais à la nature humaine. Et donc, tout ce qui s’opère dans l'humanité du Christ directement, mais pas sous la contrainte, s'applique à tous les gens en tant que Ses « parents » et semblables selon la chair, en raison non seulement de la similitude, mais aussi de l’implication effective de tous les gens dans l'humanité du Verbe.

 

Car Il est la vigne, et nous sommes les sarments « reliés à Lui par l'humanité ». Comme les sarments qui sortent de la vigne sont consubstantiels à la vigne, ainsi nous qui avons des corps congénères avec le corps du Seigneur, nous L’acceptons par accomplissement ; et Son corps est pour nous « la racine de la résurrection et du salut ». Le renouvellement général, l'onction, la guérison et l'ascension s’accomplirent déjà en Christ, car Il assuma tous. Ce n'est pas une simple ressemblance ou suppléance, mais une véritable unité. Et donc, en Christ, toute l'humanité est ointe de l'Esprit dans le Jourdain, meurt sur la croix et ressuscite incorruptible en Lui, « car Il porte sur Lui notre corps ».

 

Mais cette communion, la participation à l'humanité du Christ doit se produire et se réaliser dans l’effort des gens. Grâce à la prise de la chair par la Parole, la nature humaine devient « réceptacle d'esprit » et adopte réellement l'Esprit, devient le temple de Dieu, le temple de l’Esprit Saint vivant en nous ; nous devenons « amis de l'Esprit ». Et en acceptant les dons de l'Esprit, nous nous unissons au Christ. « Abreuvés d'Esprit, nous buvons le Christ. L'Esprit, comme l'onction, est le souffle du Fils, et en Lui la Parole glorifie la créature, la déifie et l’adopte et conduit au Père ». La Parole scelle et oint tout avec l’Esprit Saint, et dans l'Esprit nous devenons communiants de la nature divine. L'Esprit est « l'énergie » de la Parole, et donc l'adoption de la Parole est l'acquisition de l'Esprit. La Parole prit corps (Dieu incarné), et les humains prennent Esprit, deviennent porteurs d'Esprit.

 

Grâce à la puissance de l'Esprit, la luxure sensuelle est brûlée dans la nature humaine, l’attraction pécheresse en est expulsée et la capacité de « ne pas être trompé par le visible » est communiquée. Maintenant, après Christ, « le diable est, face à la puissance du Christ, comme un moineau, sert de jouet pour les enfants ». Le pouvoir est donné à l'homme sur les démons et les tentations ; et avec le signe de la croix, comme le signe de victoire, toute sorcellerie cesse, et les démons sont démystifiés comme morts. Mais l’important et le principal, c’est que l'aiguillon de la mort est tiré de la créature. Adoptés par le Verbe, les gens « héritent de la vie éternelle et ne restent plus pécheurs et morts dans leurs passions, mais, étant levés par la puissance du Verbe, restent immortels et incorruptibles ». La mort a cessé de terrifier et d'être terrible, car la promesse a été donnée que, ressuscités des morts, nous allons co-régner dans le Christ au ciel.

 

Il est possible dès maintenant de vaincre le monde dans l’effort de renoncement, oint par l'Esprit. Les ascètes chrétiens qui surmontent la faiblesse de la nature par la puissance de l'Esprit, qui pénètrent les mystères et portent Dieu, suivent cette voie. Leur effort témoigne de la victoire du Christ sur la mort – tant de martyrs vainquent en Christ chaque jour et se rient de la mort...

 

Et que le douteur vienne au Christ avec foi, et alors il verra l’infirmité de la mort et la victoire sur elle. Car le Christ « insuffle le pouvoir contre la mort à chacun qui vient ». La Pierre angulaire est posée, « afin que nous puissions nous superposer à Lui comme des pierres précieuses ». Par la déification, le fondement est posé également pour l'union parfaite de l'amour entre les gens à l'image de Dieu consubstantiel – par la puissance de l'Esprit.

 

La rédemption est le parachèvement et le rétablissement de la création, elle est donc l'œuvre de la Parole. Mais en rédemption, la grâce plus grande est donnée que le simple retour à l'état originel, que le simple rétablissement de ce qui avait été perdu avec la chute. Car la Parole s'est faite chair... Et l'homme devint « un cohabitant de Dieu » immuablement. La corruption est supprimée. La créature reçut une stabilité finale grâce au « corps de Dieu ». Une nouvelle créature fut créée.

 

L'Écriture a révélé cela en Le nommant « le Premier-né » et « le début des voies ». Née avant les collines, la Sagesse de Dieu est mise au début des voies (Prov. 8:22,25). C'est le dessein originel sur la création et la rédemption par le Verbe et dans le Verbe, sur l'incarnation salutaire du Verbe comme initiateur de la nouvelle créature, supérieure à la créature originelle. Et dans la seconde venue de Christ, tout règlement de Dieu sera accompli : le Christ viendra dans la gloire, « pour donner à tout le monde le fruit de Sa Croix – la résurrection et l'incorruptibilité ».

 

Source Pères orientaux du IV siècle

Traduit par Olga (TdR)

 

1 Exode 3:14  La traduction abusive de l’énoncé crucial est une impiété : dans une version française, la réponse de Dieu  est traduite comme   « Je suis celui qui suis », dans une autre, « Je suis qui je suis ». Comme quelqu’un dirait, « ça ne te  regarde pas ».

En fait, le Père aimant a dit la vérité à Sa création : Je suis Existant. Dis aux fils d’Israël : celui Qui Est, m’envoya à vous.

 

(Une personne apparemment informée a dit quelque part « Le plus drôle, ce sont les traductions de la Bible. » C’est le plus déplorable en fait, les traductions, dont russe, faites par les magiciens.)

 

2 Jn 9:6-15  Guérison de l’homme né aveugle le jour du sabbat.

   Et aussi la prédiction de l’épiphanie ou révélation samedi.