Le message et la preuve

Posté le 17/12/2025

Le chapitre 28 du livre Exode décrit une partie importante des vêtements sacerdotaux, appelée en grec λόγιον, réponse. C’était une poche carrée pectorale avec les pierres précieuses cousue sur elle, quatre rangs par trois pierres pour désigner douze tribus d’Israël. Et la poche servait à contenir... δήλωσις et ἀλήθεια en grec ancien, les objets qui sont connus sous les noms hébraïques l’urim et le thummim.

Et selon le dictionnaire du slavon d’église de G. Diatchenko, la poche-oracle « procurait les réponses de Dieu pour annoncer Ses décisions aux gens ; le grand-prêtre posait des questions et Dieu répondait par une voix intérieure ou extérieure ». La Bible en slavon utilise pour λόγιον le même mot que pour λόγος, avec « du jugement » ajouté, pour λόγιον τῆς κρίσεως. Donc le mot ne saute pas aux yeux dans la description des vêtements du grand-prêtre. De même, un mot slavon trop général et polysémique, явле́ніе, est utilisé pour δήλωσις. Cela m’a incité à regarder les éditions précédentes de la Bible en slavon, celles de 1581 et de 1663. Il n’y pas de différence entre ces deux éditions dans tous les endroits concernés, mais elles diffèrent de la dernière édition, de la Bible de 1751 (qu’on trouve ici à la page Livres). Et on voit dans les éditions précédentes un autre mot dans Exode, 28 : проповѣ́данїе, annonce, message.

Fragment du chapitre 28 du livre de l’Exode dans la Bible de Moscou de 1663Fragment du chapitre 28 du livre de l’Exode dans la Bible de Moscou de 1663

On trouve le même mot (message) dans ces éditions précédentes dans le chapitre 8 du Lévitique, où Moïse a mis les vêtements et la poche pectorale au grand-prêtre Aaron, et a mis les objets dans la poche. Et aussi, dans le chapitre 3 du livre d’Osée, qui prédit que les fils d’Israël « seront, pour de nombreux jours, sans roi, ni dirigeant, ni sacrifice, ni autel, ni sacerdoce, ni message ».

Dans le chapitre 27 du livre des Nombres, le Seigneur ordonne à Moïse, à qui Jésus Navi devait succéder, de se tenir devant le prêtre Éléazar « pour qu’il demande la décision dans le message en présence du Seigneur ; et ils vont accepter et accomplir Sa parole, Jésus et tous les fils d’Israël unanimement, et tous les élèves » (v. 21).

Dans le Deutéronome, chapitre 33, Moïse bénit les tribus d’Israël avant de les quitter. Il parle en langage spirituel, il prophétise. Il dit, notamment : « Vous donnerez à Lévi Son message et Sa preuve, pour l’homme juste ... » (v. 8). Les objets provenaient donc de Dieu.

Les versions précédentes de la Bible en slavon présentent dans ce passage un mot manifestement inapproprié qui correspond à un autre mot grec, la différence ne tient qu'à une lettre. Cela suffit pour rompre le lien entre les parties de la Bible et cacher le terme. Et dans le texte en grec ancien, les mots λόγιον et δήλωσις sont souvent remplacés par les mots semblables avec une ou deux lettres différentes. Le texte des LXX a été altéré, par exemple, δήλωσις ne figure qu’une fois dans le chapitre 28 du livre 1 Rois en grec ancien (v. 6), tandis que dans toutes les éditions slavonnes le mot est répété dans le verset 15. La traduction de ces termes dans les éditions précédentes de la Bible en slavon est déformée ou insuffisante en plusieurs endroits, et elle est vague et confuse dans la dernière édition de 1751. Et tout cela montre les efforts faits pour empêcher de comprendre la signification des termes.

Toutes les parties des vêtements sacerdotaux ont été faites selon les instructions détaillées données à Moïse et décrites, mais l’urim et le thummim n’ont pas été fabriqués. Et s’ils n’ont pas été faits, ils ont été donnés. Et apparemment, ils ont été ensuite retirés, parce que l’urim et le thummim ne sont plus mentionnés après David. Et il est explicitement dit dans les livres d’Esdras et de Néhémie qu’il n’y avait pas de grand-prêtre avec l’urim et le thummim après la captivité babylonienne.

Et si le grand-prêtre Aaron devait « porter les problèmes (τὰς κρίσεις) des fils d’Israël sur sa poitrine toujours devant le Seigneur » (Exode, chapitre 28, v. 30), donc les problèmes étaient-ils enregistrés au moyen de l’urim ?

Le mot אוּרִים (urim) signifie au propre « lumières », le mot וְתֻמִּים (thummim) signifie « c'est exact, c'est vrai ». Les « lumières » indiquent des voyants ou des témoins lumineux. Mais les réponses de Dieu étaient vocales, ce qui implique un objet semblable à un transmetteur radio. On peut supposer que le grand-prêtre, se trouvant dans le sanctuaire, posait au Seigneur des questions importantes et écoutait les réponses avec l’urim, et ensuite, sorti du sanctuaire, il annonçait les réponses au peuple ; et un signal du thummim confirmait la justesse de l’interprétation.

Et dans ce cas, tous les mensonges des dirigeants de ce siècle, « la religion », « la science », tout cela s’efface.


Amicalement

Olga de TdR