Les compagnies commerciales se sont répandues sous Elisabeth I Tudor qui régnait de 1558 à 1603. La couronne anglaise semble être un intermédiaire entre le gouvernement mondial et le camp qu’il a bâti sur la terre. La Compagnie des Indes orientales anglaise est la plus grosse et la plus connue, et la compagnie analogue néerlandaise agissait de même façon dans d'autres territoires. Ayant commencé par les opérations commerciales, la Compagnie a passé aux opérations pirates, au pillage et à l’assujettissement. La couronne a délégué à la Compagnie des pouvoirs d’État : faire la guerre, conclure la paix, l’émission de l’argent, la perception des impôts, les tribunaux. Les pirates ont mis le masque des marchands et se sont emparés du pays. Au moment où l'on déclare « la république indépendante », le pays est déjà complètement pris dans le réseau universel.
Pour quelque raison, le gouvernement mondial a voulu avoir à sa disposition l’extrémité nord-ouest de l’Amérique du Nord, la partie saillante du continent appelée l'Alaska, et la protéger par sa force principale, l’armée des États-Unis. Les bateaux russes ont commencé à atteindre les îles et la côte de l’Alaska depuis le XIV siècle ; l’avancement russe vers le nord du Pacifique a été activement poursuivi depuis les premières décennies du XVIII siècle. Et le gouvernement mondial a voulu obtenir l'Alaska en utilisant les efforts et les ressources humaines russes. Et à cette fin, « la Compagnie russo-américaine » a été organisée à l’instar de la Compagnie des Indes, et cette compagnie de commerce était « sous la protection suprême » de l’empereur de la Russie.
L’ouvrage de S. B. Okougne La Compagnie russo-américaine présente l’histoire de cette entreprise monopoliste. Le livre paru en 1939 est écrit dans les termes et les notions de l’époque, avec les citations des sources obligatoires, sinon il ne pourrait pas paraître. Néanmoins, l’histoire de la compagnie y est pleinement exposée sur la base des documents des archives.
L’histoire de la Compagnie commence sous la reine dite Catherine II, en fait, Sophie Auguste Friederike von Anhalt-Zerbst, Holstein-Gottorp par sa mère, qui, par son ordre secret de 1764 au Collège de l’Amirauté, lui enjoignit d’organiser immédiatement une expédition secrète, sans le déclarer même au Sénat, pour explorer diverses îles jusqu'ici inconnues. La mission devait être déguisée ; l’instruction proposait de naviguer vers l’île Umnak, de recueillir les renseignements sur les îles Aléoutiennes, surtout sur l’île Kodiak, et de déterminer la distance entre l’île et la terre ferme.
Quand on dit que l’Alaska a été transférée en 1867 parce que « la guerre de Crimée a montré la faiblesse de l’armée russe et il était impossible de protéger le territoire d'outre-mer », on se demande, est-ce qu’on n’a pas connu de guerre sous Catherine II ? Si, la guerre avec la Turquie, et aussi avec le Suède. Le gouvernement mondial a planifié le transfert des terres déjà mises en valeur qui aurait dû avoir lieu cent ans plus tard. Avant ce délai, cinq empereurs de la Russie gardaient l'Alaska.
En 1797, le gouvernement de l’Empire russe a fusionné de force toutes les compagnies qui agissaient dans les colonies russes d’Alaska et a mis leur activité sous le contrôle gouvernemental. La « Compagnie russo-américaine » a été officiellement créée en 1799 sous l’empereur Paul Ier. La compagnie monopoliste a reçu à sa disposition la chasse aux bêtes à fourrure, les minéraux, le commerce, les études maritimes. En 1801, l’empereur Alexandre Ier a personnellement acheté les actions de la compagnie pour soutenir la nouvelle entreprise, et sa cour a fait de même. Deux princesses allemandes, Sophia Dorothea Auguste Luise von Württemberg, connue sous le nom « l’impératrice Maria Fedorovna », et Luise Marie Auguste von Baden, connue sous le nom « l’impératrice Elizaveta Alekseevna », dont la première était la mère d’Alexandre Ier et la deuxième sa femme, étaient actionnaires de la Compagnie et favorisaient l’entreprise et ses dignitaires.
Le gouvernement mondial a clos la lignée masculine de la dynastie des Romanov en 1730, et la lignée féminine en 1761, et depuis cette année, il a établi la dynastie allemande Holstein-Gottorp pour régner la Russie. Sa main « Église » a sanctifié le transfert du trône russe aux ducs allemands, en leur donnant une apparence « russe-orthodoxe », et a également sanctifié le vol du nom Romanov. Les escrocs « Église » donnaient arbitrairement un nom patronymique aux princes et princesses étrangers. Ce tour a induit en erreur des générations.
Sophie Auguste Friederike, Holstein-Gottorp par sa mère, et son mari Karl Peter Ulrich, Holstein-Gottorp par son père, ont donné naissance à leur fils Paul et à toute la lignée des Holstein-Gottorp qui possédait le trône russe jusqu’à la fin de l’empire. Leurs descendants, les empereurs suivants qui dirigeaient la Russie au XIXe et au début du XXe siècle, sont communément appelés les tsars russes et la dynastie Romanov. Mais en fait, les trois Alexandre et les deux Nicolas étaient des kaisers allemands Holstein-Gottorp. En 1913, à la veille de l’abattoir géant que l’empereur de l’Allemagne Wilhelm II Hohenzollern ensemble avec l’empereur allemand de la Russie Nicolas II Holstein-Gottorp devaient organiser pour les peuples, les fêtes grandioses « 300 ans de la maison des Romanov » se déroulèrent avec éclat dans de nombreuses villes russes. Mais en fait, c’était 150 et deux ans depuis la fin de la dynastie des Romanov.
Dès le premier jour, toute la direction de la Compagnie nominalement privée était contrôlée par le gouvernement. Au début, le comité spécial dirigeait la Compagnie, trois dignitaires nommés par le gouvernement. Avec l'adoption des nouveaux règlements en 1844, le conseil d’administration gérait la Compagnie sans la participation des marchands. Dès lors, des major-généraux et des contre-amiraux décidaient sur les transactions commerciales ainsi que sur les affaires de la grande politique. Et depuis 1857, il n’y avait pas de marchands à la tête de la Compagnie russo-américaine.
Deux hommes du réseau, liés à Irkoutsk, ont commencé à exécuter le projet de la Compagnie, d’abord le marchand G. Chelikhov, et ensuite le gouverneur des colonies russes A. Baranov ; et après celui-ci, depuis 1818 et jusqu’à la fin (1867), seuls les officiers de marine gouvernaient les colonies russes en Amérique. Le directeur général, élu par la direction de la compagnie parmi les officiers supérieurs de la flotte, tenait tout le pouvoir sur les colonies.
L’entreprise commerciale n’a jamais été une véritable entreprise, c’était une compagnie-prédateur. La chasse aux bêtes à fourrure était ménée de façon barbare jusqu'à l'épuisement ; sur le continent, la compagnie brûlait des centaines de milliers de peaux animales pour élever le prix. Les bilans étaient constamment falsifiés. C'était une compagnie bonne pour les directeurs et non pas pour les actionnaires. Le montant des dividendes versés par la compagnie était plusieurs fois inférieur comparé avec le bilan, puisqu’une partie importante des actions n’existait pas réélement. Et déjà vers 1820, la majeure partie des actions appartenait à un très petit nombre de personnes, aux dignitaires qui dirigeaient la compagnie.
Depuis les années 1840, la production de fourrure a cédé le pas aux fonctions de gestion du territoire occupé par la Russie sur le continent américain, et le projet des nouveaux statuts de 1860 indiquait que la comagnie était organisée pour la gestion des colonies russes en Amérique. Et cette « gestion » signifiait la cession à venir ; c’est le terme de la convention au plus haut niveau : « la cession des Colonies Russes Nord-américaines aux États Unis Nord-américains ».
Donc les colonies russes ont été assimilées à la Compagnie russo-américaine, et le réseau a ainsi rendu les colonies à lui-même, et l’accès à l'Alaska a été procuré au gouvernement mondial en utilisant les forces russes et la population indigène. Un montant symbolique tomba au trésor public russe, environ égal à la moitié du budget annuel du ministère de la Marine pour la même année 1867. C’est la somme nette après l'indemnité versée à la Compagnie liquidée.
Une grande maison à Petersbourg, portant l’aigle bicéphale sur le fronton, abritait le conseil d'administration de la Compagnie russo-américaine et les décembristes, dont certains avaient un emploi dans la Compagnie ou vivaient dans la maison. C’était un seul corps, le même réseau. Un leader de la Compagnie, Mordvinov, d’abord ministre de la Marine, puis membre du conseil d'État et du Comité des ministres, inspirait les décembristes, étant pour eux un modèle à suivre. Beaucoup de personnes fréquentaient les grands diners organisés par l’un des directeurs, Prokofiev. L’empire allemand en Russie a renversé le trône russe pour établir la république, et c’étaient les décembristes qui avaient amorcé cette transition. Le procès des décembristes n’était qu’une farce. Et la mission de ces « libérateurs », du réseau des serviteurs, consiste à former un réseau des esclaves dont les sentiments seront complètement contrôlés.
L’empressement que les décembristes manifestaient fait penser qu’ils avaient reçu des promesses. Le gouvernement mondial, où se trouve-t-il ? Peut-être, dans les lieux cachés où ils peuvent puiser de l’énergie et vivre longtemps ?
La Compagnie russo-américaine n’a jamais invité les gens pour habiter les colonies, mais seulement les ouvriers pour la chasse aux bêtes à fourrure. Le chapitre 8 du livre parle de la situation des ouvriers de la chasse et de la pelleterie dans les colonies russes en Amérique. Les recruteurs rassemblaient des gens vagabonds tels que des paysans serfs fugitifs, des marchands et des artisans ruinés. Ils les faisaient boire de la vodka et signer un contrat, et les amenaient dans la colonie à travers la mer. Et puis la compagnie les attachait par les dettes, et ils restaient là jusqu’à la mort. Ils vivaient dans d'horribles conditions, sans chauffage, dans la saleté.
Et le chapitre 9 parle de la population indigène dans les colonies. Pour réduire en esclavage les indigènes, les Aléoutes et les Esquimaux, il a fallu des décennies de l’exploitation et des sévices les plus brutaux exercés aux indociles. Il a fallu exterminer la majeure partie des récalcitrants, et ceux qui restaient, devaient devenir serfs. Selon le modèle général, les chefs du peuple, les toïons, devenaient des commis de la Compagnie. Les indigènes asservis n’avaient pas le temps de faire les provisions nécessaires pour l’hiver. La servitude a amené à l’extinction des Aléoutes.
Baranov, qui était au début à la tête de l’administration coloniale, a établi un véritable régime de bagne. Les travailleurs étaient fouettés pour toute infraction mineure et envoyés pour plusieurs années sur les îles peu peuplées, où aucune nourriture ne leur était livrée. Sa cruauté à l’égard des indigènes et des ouvriers russes était monstrueuse. « Pendant plus de vingt ans, il ancrait, avec le fer et le sang, l’idée dans la conscience des indigènes et des ouvriers russes qu’ils étaient nés, vivaient et mourraient pour les profits de la Compagnie russo-américaine. » Le capitaine Golovnine, lors de sa visite en 1818, a dit que Baranov vivait parmi les sauvages et est devenu plus sauvage qu’eux.
Après Baranov, la direction de la Compagnie a gardé son principe de ne rejeter rien de ce qui pouvait produire des revenus, seulement, elle a exigé que cela prenne une forme « plus européenne ». Le gouvernement mondial et son réseau rendent tous les honneurs à leur serviteur Baranov qui a effectué une expérience dans un territoire isolé.
Le gouvernement étranger de la Russie exécutait fidèlement les ordres du gouvernement mondial en ce qui concerne les colonies russes en Amérique. Les décembristes Bestoujev et Romanov ont publié le descriptif et les cartes des colonies russes ; en 1847, de nouvelles cartes d’excellente précision des côtes de l'océan Pacifique sont parus, et en 1852, « Atlas des côtes du Nord-ouest de l’Amérique, des îles Aléoutiennes et de certains endroits du nord de l'océan Pacifique », accompagné des « Notes hydrographiques ». En même temps, la Compagnie ne pratiquait ni l'agriculture ni l'élevage, ne touchait pas aux ressources minérales de la région, aux gisements de houille, de cuivre, et a interdit des explorations. Quand on proposait l’exploitation des gisements de cuivre, la compagnie disait qu’elle a déjà commencé les travaux, mais c'était faux. Pourtant, il est devenu impossible de dissimuler la présence de l'or après la découverte des terrains aurifères en Californie. Le rapport sur la revue des colonies de 1860 a indiqué : « On a découvert de grands morceaux de cuivre natif le long de la rivière Mednaïa. La présence de l’or sur la côte Kenai est formellement prouvée ».
L’opinion publique a été soigneusement préparée pour un événement aussi extraordinaire que l’était la cession de l’Alaska. Un contrat de bail avec la Compagnie de la baie d'Hudson anglaise avait précédemment eu lieu ; et aussi un contrat fictif de transfert de la propriété avec une compagnie de San Francisco ; le grand-prince Constantin, le fils du Holstein-Gottorp qui était le quatrième sur le trône russe, a fait campagne pour se débarrasser de l’Alaska qui se trouvait trop loin ; on a découvert soudain que la Compagnie russo-américaine n’était pas rentable ; et les mêmes personnes qui encourageaient l’asservissement des indigènes et des ouvriers russes, ont dénoncé l’esclavage. Il y a eu des rumeurs dans la presse... Et bien sûr, la guerre de Crimée, organisée à temps, a commodément « montré la faiblesse ».
La façon dont le traité sur la cession de l’Alaska a été rédigé indiquait une importance particulière de l’affaire. On a signé le traité en toute hâte, la nuit, dès que l’approbation de l’empereur fut rapportée. Dans le texte du traité, trouvable sur internet, on voit parmi les titres d’Alexandre II les suivants : « duc de Schleswig-Holstein et d’Oldenburg ». La question se pose, a-t-il donné l'Alaska comme l’empereur de la Russie, ou bien comme le duc de Schleswig-Holstein et d’Oldenburg ?
Après le transfert, les militaires américains ont occupé l'Alaska, et pendant 17 ans, c’était un district militaire subordonné au ministère militaire. En 1884, sont apparus un gouverneur et des administrations. De 1884 à 1912, c’était « le district », ensuite « le territoire Alaska », et en 1959, l'Alaska est devenu un État des États-Unis.
De nombreux aérodromes, bases aériennes et navales sont situés en Alaska. Dès le début, le développement et le peuplement de l’Alaska suivaient les objectifs militaires, et elle est devenue l'une des plus importantes bases militaires américaines. Un article sur l’histoire de l’Alaska qui date de 1962 cite ces données pour l’an 1957 : 40 à 50 pourcents de la population active étaient des militaires ou des civils employés dans des installations militaires ; de 210 mille habitants, 50 mille étaient des soldats et des officiers. Les réserves ou terrains militaires qui n’avaient auparavant que peu de place, avec la transformation de l’Alaska en un État ont occupé environ la moitié de son territoire.
Ils ont appelé leurs mensonges d’abord la sainte Église, puis la science et la culture. Le gouvernement mondial et son réseau considèrent les gens ordinaires comme des êtres inférieurs parce qu’ils regardent les noms, non pas le contenu, et parce qu’ils reprennent toute mode que l’on impose. Le gouvernement mondial a choisi la dynastie Holstein-Gottorp pour éliminer le trône russe. Quatre empires sont tombés à la suite de la première guerre mondiale. Une fois la république établie, chaque enfant est obligé, sous le nom de l’éducation, à être plongé dans la mer du mensonge où il reste le plus souvent jusqu’à la fin de sa vie.
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La couronne de l’Empire russe, avec laquelle ont été couronnés les représentants de la dynastie ducale Holstein-Gottorp qui tenait le trône impérial russe entre 1761 et 1917, la première Sophie Auguste Friederike von Anhalt-Zerbst Holstein-Gottorp « Catherine II ». La pierre rouge qui domine la couronne n’est pas un rubis, comme on le pensait auparavant, mais un spinelle, un minéral différent. Le même « imposteur » rouge se trouve dans la couronne de l’Empire britannique. |
Amicalement
Olga de TdR

